la honte ou le protectorat…(bros gremos kai piso remma)

Comme le dit si bien le journaliste Nicolas Demorand dans un très bel édito sur europe1: “Mettez-vous un instant à la place des Grecs”. Le pays est en faillite. Ils doivent faire des efforts colossaux, ils perdent leur job, leurs maisons et surtout leur honneur, tous les jours. Au G20 de Cannes, Papandréou est convoqué comme un gamin – pour qu´on lui tire l´oreille ou pire encore un “laquais” par un improbable et tyrannique couple les Merkozel! On dit ici ou la que Georges a été obligé de faire “antichambre” pendant deux longues heures. Puis il a été renvoyé pendant une conférence de presse où s´est joué le destin de son pays, sans lui. Et voici ce qui a été dicté : s’il veut faire un référendum, la question lui sera celle-ci et pas celle-la. S’il veut de l’argent, il devra faire comme ceci et pas comme cela! Quoi ? Mais ou vit -on maintenant ? La Grèce est sous protectorat et elle a honte. Personne ne sait comment évoluera la crise européenne. Elle touchera demain l’Italie – on en parle déjà –  tout est programmé! et l’Espagne, après-demain et vous savez quoi? La France est déjà sous surveillance. Mais lequel de ces pays acceptera un tel traitement, une telle humiliation ? Que diraient à la télévision, devant leur peuple, leurs citoyens, des dirigeants élus qui ne dirigent plus rien et qui baissent leur culotte au premier venu ? Sale atmosphère en Europe. Dangereuse brutalité des rapports entre des Etats membres d’une construction politique qui fut précisément créée pour dépasser, via un destin commun, les relations internationales à l’ancienne, marquées par la domination dérégulée des forts sur les faibles.

val britton

Le sauvetage de l’Europe et de l’euro, toujours pas assuré, toujours aussi incertain, se paye déjà au prix fort : la résurgence de la forme la plus archaïque de la politique dont on imaginait, un peu trop rapidement, avoir été définitivement débarrassé. Mettons-nous donc un instant à la place des Grecs : la meilleure position pour contempler les premiers ébranlements au cœur du rêve européen.

Un amer gout de vécu.

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