du possible sinon j’étouffe

© Image Gaétane Laurent-Darbon

Fabriquer un homme capable de tenir une promesse signifie lui construire une mémoire, le doter d’une intériorité, d’une conscience qui puisse s’opposer à l’oubli. C’est dans la sphère des obligations de la dette que commence à se fabriquer la mémoire, la subjectivité et la conscience.
(…)
Pour que la puissance d’agir puisse se déployer, il faut que le possible dépasse l’actuel (« du possible sinon j’étouffe », dit Kierkegaard), il faut que le monde contienne de l’indéterminé, un temps ouvert en train de se faire, c’est-à-dire un « présent » qui enveloppe des bifurcations possibles et donc des possibilités de choix, de risques existentiels. Et ce sont ces possibles et ces bifurcations imprévisibles que la dette s’efforce de neutraliser.

 

 

Maurizio Lazzarato, La fabrique de l’homme endetté. Essai sur la condition néolibérale.

 

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