comme une petite mare d’eau salée

Car la nuit, dans le petit quartier oublié d’Amerikis, les motards d’Aube dorée affûtent leur chicotte. Les Africains qui s’ennuient les guettent avec précaution avant de tourner le coin de la rue, ils les jaugent, eux et tous ceux qui portent un uniforme. Là où l’État grec a fondu, comme une petite mare d’eau salée qui s’est évaporée au creux d’une pierre, il a laissé un résidu pestilentiel d’algues pourries. Les mafias sont devenues les maîtresses des interstices. Portiers de boîtes de nuit, rabatteurs de sex-shops et gardes-du-corps imposent les règles des défilés aux flambeaux, au profit de députés portant des chevalières et des croix ambiguës. Les comptables des grandes banques leur ont offert les quartiers destitués et les tablées sous les arcades, où résonnent maintenant leurs talkies-walkies.

par Léonard Vincent – Auteur du roman “Athènes ne donne rien” (Equateurs, 2014).

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